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Nabil Ayouch

Nabil Ayouch est né le 1er avril 1969. De père marocain et de mère française, il a grandi à Paris. Après 3 ans de cours de Théâtre avec Sarah Boréo et Michel Granvale, il s’oriente vers la réalisation. Il réalise en 1992 son premier court -métrage « Les pierres bleues du désert » avec Jamel Debbouze, suivent deux autres courts-métrages « Hertzienne Connexion » et « Vendeur de Silence », tous largement primés dans divers festivals internationaux. En 1997, il réalise
« Mektoub », son premier long-métrage, un record au box-office marocain avec plus de 350 000 entrées, pour lequel il obtient le Prix du meilleur film arabe, le Prix de la meilleure première œuvre au Festival International du Film du Caire et le Prix spécial du Jury au Festival d’Oslo. « Ali Zaoua » est son deuxième long-métrage.


Le jour où j'ai compris que la Belgique était
une grande famille dans une petite maison.


Il faisait nuit. J'étais fatigué. Avec moi, ma femme et ma fille de deux mois. J'avais demandé à ma coproductrice belge de nous réserver une chambre dans une petite pension dont quelques amis parisiens, venus passer un week-end à Bruxelles, m'avaient dit le plus grand bien. J'arrivais en Belgique pour effectuer les derniers travaux de post-production de mon film.
Un mois… Dans un pays que je ne connaissais pas, avec des gens que je ne connaissais pas, et pour des raisons plus financières que relevant d'une envie profonde. Inutile de préciser que, à ce stade là, la seule chose qui me motivait était de finir le plus vite possible pour pouvoir rentrer chez moi.
Quand, j'y reviens, la porte de cette pension s'ouvrit, une grande dame me fit face. Quelques secondes après, une autre grande dame me fit face à son tour. Ma coproductrice me présenta la première grande dame, puis la seconde grande dame en me disant : " voici la distributrice de ton film ".
" Pardon ? ", répondis-je.
" C'est Eliane Du Bois. Elle va distribuer Ali Zaoua ", renchérit-elle.
Dans les heures qui suivirent, je n'eus qu'une seule envie, quitter ce lieu.
Dans les jours qui suivirent, je découvris un pays et un peuple que j'ai aimé. Réellement.
Dans les semaines qui suivirent, je découvris leur humilité, leur rigueur, leur gentillesse, leur professionnalisme.
Dans les mois qui suivirent, ils me manquèrent.
L'année qui suivit, j'ai découvert une femme, Eliane du Bois.
Aujourd'hui, j'ai découvert que la Belgique était une grande famille dans une petite maison.

Nabil Ayouch

 

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