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 Eliane du Bois et Karin Beyens  

Karin Beyens a travaillé chez Cinélibre de 1986 à 1996. Elle est maintenant responsable des acquisitions de films chez Diaphana à Paris.

"J'ai travaillé chez Cinélibre de Mauvais Sang jusque La Promesse.
Attachée de presse, marketing, acquisition de films, édition de dépliants publicitaires, réalisation des questionnaires pour les sneak previews, barman aux sneaks previews, collaboratrice pour le (premier) programme Ecran Total. Travailler chez Cinélibre, c'était: tout faire. Cela m'a fait vivre des jours pénibles mais m'a aussi procuré des moments intenses.
Tran Anh Hung me reconnaît toujours en souvenir du jour où j'étais en pleurs en train d'essayer de convaincre l'attachée de presse française de faire venir Emir Kusturica à Gand. Tran Anh Hung m'a dit ensuite qu'il ne refuserait plus jamais une invitation à un Festival, parce qu'il se rendait compte que, de l'autre côté, il y avait toujours quelqu'un de profondément déçu. Emir Kusturica est venu à Gand pour Underground.
Jean-Pierre et Luc Dardenne ont jeté un drôle de regard en réalisant qu'une néerlandophone (avec Eliane du Bois) était responsable de la sortie de La Promesse. Après la sortie, nous nous sommes séparés en amis.
Et puis, les festivals. C'est génial, mais mon meilleur Festival de Cannes, c'était quand je ne travaillais pas encore pour Cinélibre. Je devais commencer en juin et j'avais prévu mes vacances pendant Cannes. Le luxe suprême: des vacances pendant que tout le monde travaille. Enfin presque. Eliane (voir photo) m'a appelée pendant mes vacances pour me proposer de venir à Cannes le dernier week-end pour voir deux films: La Belle Noiseuse et Van Gogh. Projection officielle veut dire tenue de soirée… Ce soir-là, j'ai réussi à entrer à la séance officielle avec les vêtements les moins chers de ma garde-robe: un short de plage blanc que j'avais acheté en Inde pour 20 francs et une veste noire avec laquelle j'avais dormi dans le train. Chaque fois que je monte les marches à Cannes, je repense à cette première fois".

Karin Beyens